Tout a commencé comme dans un film d'Indiana Jones. Le casting, pour la première scène, avait réuni dans le cabinet : Zélie, dans le rôle de l'héroïne et le crocodile, dans le rôle du prédateur menaçant (prédateur qui n'est en fait qu'un échauffement, une mise en action de ladite héroine, une sorte de stratagème pour faire diversion). Comme il se doit, Zélie se sortit très bien de ce premier corps à corps en maîtrisant illico le reptile à poils doux.
Au-dessus de la rivière souterraine de ce Temple Maudit infesté de crocos, Indiana Zélie aperçut au mur une carte pour le moins énigmatique. Sans complètement saisir ce que ce réseau de galeries signifiait, on put lire dans le regard de l'héroïne un sentiment du style "ça craint du boudin !". A peine eut-elle le temps de se tourner vers Maman, sa complice, pour lui lancer un "dis-moi que c'est pas vrai, je ne vais pas retomber dans les pattes de l'autre rouleau malaxeur ?" que le bruit vif d'une ouverture de porte accompagné d'un "comment ça va ?" confirma ses craintes. Aussi sec, Zélie utilisa son arme de circonstance en déclenchant sa sirène et en prenant de la hauteur dans le cou maman. Trop tard, le piège s'était refermé. Impossible de sortir de ce guet-apens. Il fallait livrer bataille. C'est alors que, contre toute attente, le scénario du film changea radicalement. Indiana Zélie se transforma en chèvre de Monsieur Seguin, livrant un combat inéquitable contre bien plus fort qu'elle. "Il a beau faire 10 têtes de plus que moi le loup blanc, ce n'est pas parce que je suis dans le pétrin que je vais me laisser pétrir comme une bonne pâte !", décida Zélie, qui prit un peu de liberté par rapport au texte original d'Alphonse Daudet. Et Zélie se jeta dans la bataille avec le même panache que les précédentes fois. Et le Loup blanc s'en amusa comme lors des deux précédentes séances, rendant hommage à l'adversaire sans lui concéder un pouce de répit. Un pouce qu'il enfonçait bien fort sous la gorge de sa patiente rebondissante à la fin de chacun de ses assauts. Et cette fois-ci, un peu du mal sortit. Les mucosités, décollées sous la pression et remontées sous les éructations de la petite malade, finirent par récompenser les efforts complémentaires des 2 adversaires. Un travail collectif somme toute payant.
Zélie, rouge, en sueur et de nouveau perchée dans
les bras de Maman jeta un oeil noir au Loup Blanc pour lui dire
tout son "mésamour".
Malheureusement, ce n'était pas la Dernière Croisade
(comme dirait Indiana Jones).
Zélie va mieux, mais tant que la toux persiste, il faut
continuer le travail manuel. Et n'allez pas dire au kiné
qu'en entendant une toux plus grasse, vous imaginiez là un
signe d'amélioration ! Il vous rétorquera que ce qui
vaut pour les adultes n'est pas de mise avec le bébé
: une toux, grasse ou pas, ce n'est pas bon.
A la sortie, Zélie se vengea sur son goûter qu'elle
n'avait toujours pas pris pour cause de séance kiné
à l'heure du quatre-heures (inutile de vous faire un
dessin...). Entre 2 cuillérées, Zélie essuya
de nouvelles larmes. Comme s'il fallait faire sortir jusqu'au bout
le désarroi de ce qu'elle venait de subir. Et, en regard du
traitement de choc, on peut assurer qu'il ne s'agissait en rien de
larmes de crocodile.




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