Accueil Date de création : 21/05/07 Dernière mise à jour : 21/11/08 20:11 / 331 articles publiés
 

Zélie Baba et les 40 voleurs  posté le dimanche 31 août 2008 20:16

Zélie Baba est une petite fille aux yeux noirs et à la mèche blonde. Elle vit dans une maison située à la bordure de la cité : d'un côté, elle voit la ville, de l'autre les champs où 3 chevaux paissent paisiblement. Zélie Baba est très courageuse. Elle n'hésite pas à franchir les obstacles qu'elle rencontre : par exemple les escaliers, à monter ou à descendre, ne lui font absolument pas peur et elle chevauche son fidèle destrier de bois ou à roulettes sans appréhender la vitesse ni craindre la chute. De la même façon, Zélie Baba n'éprouve pas la moindre peur devant ses ennemis : elle approche guêpes, fourmis rouges, araignées et moustiques sans sourciller, sans trembler. Et, si papa s'avise à capturer l'un des méchants agresseurs volants ou rampants sous un verre retourné sur la table, sa fillette lui rend aussitôt sa liberté, ignorant le danger.

En un samedi très ensoleillé, Zélie Baba arpente le jardin, rayonnante dans la tunique fushia cousue de fils d'or que lui a offerte sa marraine de blog : la princesse Laure. Zélie Baba prend ce jour-là une importante décision : elle se rendra aujourd'hui-même à la piscine municipale, pour la première fois. Elle affrontera la foule, les grands qui éclaboussent, le milieu microbien et les cris stridents des enfants querelleurs. Pour être en forme, elle se lance dans une sieste de 2 heures, à l'ombre d'un  volet fermé en guise de palmier. A 16h, le ventre plein des fruits qu'elle a cueillis dans le frigo, elle prend la route vers la piscine. Elle ne rencontre aucun problème en chemin en dehors de quelques mollassons qui traînent sur la voie et ralentissent son périple motorisé. Enfin arrivée, elle revêt une culotte de ouate étanche et s'apprête à quitter les vestiaires. C'est alors qu'elle saisit une phrase doucement prononcée par une femme enturbannée dans une serviette de bain : "sésame ouvre-toi !", dit-elle, en saisissant un code à 4 chiffres. Et voilà qu'un casier métallique s'ouvre, dévoilant le secret de son contenu : sac de cuir, vêtements richement brodés aux paillettes scintillantes, fines tongs avec strass... Fascinée, Zélie Baba décide de tenter à son tour la formule magique. Elle s'approche d'un placard, chuchotte les mots secrets : le tiroir s'ouvre dans un clac... Vide ! Tant pis ! Zélie Baba y range ses affaires et s'aventure à l'extérieur, vers le petit bain, où 40 enfants pataugent déjà. Son visage s'illumine de plaisir, de joie pure et simple et elle prend son envol vers l'oasis qui l'appelle, et qui n'a rien d'un mirage.

Après une heure idyllique passée imergée dans cette douce eau du robinet tempérée, Zélie Baba remarque une fillette brune, d'un an son aînée, qui pleure à chaudes larmes à quelques pas de là. S'approchant, elle comprend la situation : la pauvre enfant s'est fait voler son petit compagnon, un canard jaune soleil, par une bande de voleurs qui se le passent et repassent, s'amusant de son désarroi. N'écoutant que son coeur, Zélie Baba se mêle de l'affaire : grondant les plus grands, tapant du pied à côté des plus petits, elle oeuvre tant et si bien qu'elle se retrouve au bout de quelques minutes le canard en main.

Si nous avions été dans un vrai conte des 1001 nuits, Zélie Baba, rayonnante, aurait rendu à la belle princesse l'objet qui lui avait été dérobé, ramenant par là-même le sourire dans ce triste regard affligé. Mais nous sommes dans la vraie vie et Zélie est partie avec le canard, sans vergogne, sans pitié, sans regret, emmenant son trésor si convoité pour ne pas risquer de se faire à son tour chiper.

Prochaine aventure : Zélie Baba et l'affreux Escherichia Coli, vilain brigand qui s'est infiltré dans le palais de sa douce marraine et la persécute. Pour le vaincre, Zélie Baba appelle à la rescousse ses valeureux amis. Qui est partant ?

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On touche avec les yeux, on voit avec les doigts  posté le vendredi 29 août 2008 01:12

Visite du musée Toulouse Lautrec à Albi. Pour intéresser Zélie, inutile de s’émerveiller sur cette ligne de fuite qui donne une perspective infinie au tableau. Non vraiment, sans vouloir offenser l’artiste, de cela Zélie n’en a strictement rien à fiche. Sans intérêt. En revanche si vous montrez à Zélie une œuvre qui comporte un chat, un chien, une vache ou un cheval alors là oui, Mademoiselle va s’émerveiller : « OOOOOOhhhh (d’une voix très haut perchée) ! C’est beauuuuuu ! ». Et si vous ne craignez pas le ridicule, allez jusqu’à lui demander : « et qu’est ce qu’elle fait la vache ? ». La réponse ne tarde pas à fuser, intelligible par vous, mais aussi par la salle toute entière : « Mooooouuuh ! ». C’est mignon, il n’y a rien de ridicule à cela, pensez-vous. Oui, sauf que dans la vie, quand une vache meugle, une autre lui répond. Alors c’est qui qui va répondre à Zélie ? Pas la vache du tableau, ça c’est sûr… Bref, oubliez les autres visiteurs du musée, les gardiens de salle, oubliez les caméras et ne pensez surtout pas à l’artiste, qui doit se retourner dans sa tombe, et meuglez votre plus beau « meeeeuuuuuh » !

Expo suivante : de l’art moderne qui met en scène des petits morceaux de nature reconstituée. Une prairie bucolique en plastique avec des lémuriens roses en goguette, une cascade d’eau pure du robinet qui se jette dans une rivière miniature, une plage minuscule de sable fin et de coquillages irisés. Des couleurs, des textures, le tout à hauteur de bébé : que de tentations ! Pourtant, c’est de l’art sur lequel il est interdit de poser le moindre petit doigt : à croire que c’est fait juste pour narguer les bébés. Qu’à cela ne tienne : si Zélie veut toucher, Zélie touche. Ainsi, malgré l’extrême vigilance de maman, elle a foncé tout droit sur un obus posé au sol et l’a déplacé de quelques centimètres (non Zélie n’est pas Musclor, c’est juste que l’obus n’était qu’un vulgaire fac similé tout creux à l’intérieur). La gronderie du gardien de musée ne l’a nullement découragée (peut-être parce que c’est maman qui l’a reçue). Zélie a poursuivi sa crise de rebellion artistique en décollant insidieusement un coquillage d’une sculpture. Maman l’a aussitôt remis en place, mine de rien, l’air naturel et décontracté pendant que Zélie se cabrait dans ses bras parce qu’elle voulait s’attaquer aux autres. L’art constestataire n’attend pas.

Bref, pour la dernière visite culturelle des vacances, papa et maman ont compris la leçon : ils ont emmené leur petite furieuse voir une exposition de Daniel Buren. Et là, enfin, Zélie a pu apprécier l’art : elle y a mis les mains et même les pieds ! Elle s’est faite éclabousser de lumière et s’est raffraichie en regardant du bout des doigts une vitre colorée ruisselant d’eau. Là, personne n’y a trouvé à redire, bien au contraire : y a-t-il un plus bel hommage, pour un artiste, que de voir un bébé de 14 mois qui trouve son œuvre ludique ? Pour un bébé, l’art comme la vie, c’est avant tout une belle partie de jeu.

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Souffler des arcs en ciel  posté le samedi 23 août 2008 14:59

Zélie souffle sur tout et n’importe quoi, histoire de voir si elle peut animer les objets qu’elle prend pour cibles. Cette petite manie lui vient certainement de ses balades dans les supermarchés où, pour la divertir quand elle trouve le temps long, Papa s’amuse à souffler sur les affiches en l’air pour les faire se balancer. Le jeu consiste alors pour Zélie à repérer toutes les pubs suspendues, les pointer du doigt et souffler deux fois dans leur direction pour inciter Papa à en faire autant. Zélie a bien retenu le principe et l’a même importé à la maison. Ou elle se prend pour un petit ventilateur dès le réveil. A peine levée, à l’assault du lit parental, elle s’assoie sur son derrière juste en dessous de l’abat-jour en papier de riz, lève le museau et crache bruyamment de l’air en direction du lampion. Bien entendu ses petites joues, aussi rebondies soient-elles, ne parviennent pas à faire bouger d’un poil le globe lumineux. Papa vient alors à la rescousse de bébé Eole et, ensemble, ils parviennent à faire danser la lumière grâce à leurs expirations conjuguées.
Mais dans la chambre de la location de vacances, le petit rituel a du plomb dans l’aile. La lampe suspendue au dessus du lit est un chandelier rustico-rococo en laiton massif qui doit bien peser ses 5 kilos. Malgré son entraînement et son souffle désormais capable d’éteindre les bougies du gâteau d’anniversaire d’un centenaire, Papa ne peut rivaliser avec cette grosse suspension qui reste désespérément immobile. Zélie est déçue. Ses grands yeux interrogatifs en disent long…

Depuis, notre petit ventilateur est déréglé. Comme si elle cherchait à retrouver son souffle magique, Zélie s’attaque à tout ce qui lui passe au-dessus de la tête : un néon, un parasol, une branche d’arbre, une enseigne de boutique, un oiseau… et elle va de déception en déception. Afin de mettre un terme à cette longue série de souffles vains, nous avons trouvé la parade : de l’eau et du savon. Emprisonné dans sa membrane savonneuse, l’air qu’elle envoie prend une forme inattendue : il dessine une multitude de petites bulles aux couleurs arc en ciel qui virevoltent autour d’elle et s’éteignent dans de petits « pop » si doux à l’oreille.
D’aucuns verront un tube en plastique avec du « produit vaisselle ». Pour Zélie, c’est bien plus : c’est une fiole magique qui lui permet de décorer le monde de ses bulles de savon. Papa et Zélie : dieux du vent et du savon réunis.

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L'est où Lou ?  posté le mercredi 20 août 2008 00:43

Zélie   Hello Lou !
Lou     Bonjour Zélie !
Zélie   Je te présente papaaa et maaammman.
Lou     Et moi môôôman et méééman.
Zélie   Z’ont plutôt une bonne tête.
Lou     Tu peux le dire, elles sont adorables. Tes parents ont l’air pas mal itou. On a bien fait de les faire se rencontrer. Sans nous, ils ne se seraient jamais croisés.
Zélie   C’est vrai et c’eût été dommage ! On ne dirait pas qu’ils se rencontrent pour la première fois.
Lou     Ils ont même l’air de vieilles connaissances. 
Zélie   Chut ! Pas si fort, y’en a un qui pourrait le prendre pour lui ! En tout cas, la blogosphère, ça crée des liens.
Lou     Normal, avec internet, y a souvent des liens.
Zélie   Oui, et là en plus la connexion se fait illico-sympatico-presto. En général, les parents emmènent leurs bambins au jardin d’enfants pour qu’ils se fassent des petits copains. Nous, c’est sur monbebeblog qu’on conduit nos parents pour qu’ils s’amusent ensemble. Ils aiment bien ça. Ça fait plaisir à voir de les voir se voir pour de vrai. En tout cas, toi, t’es pareille que sur ton blog : d’immenses yeux bleus mer du sud et des rebiquettes indomptables.
Lou     Et toi, la même tête de bébé !
Zélie   Regarde-les tous les 4, ils arrêtent pas de causer, ils nous oublient complet !
Lou     C’est clair. En plus maman Lodie n’est même pas restée terrée dans la voiture comme un grizzli dans sa caverne. Pourtant maman Axelle dit toujours que c’est une ourse !

Le temps d’un week-end à Bordeaux, Zélie a rencontré pour de vrai sa copine Lou. Vous ne devinerez jamais laquelle des deux a été la plus timide, laquelle a le plus mangé, laquelle a le moins dormi, laquelle a le plus marché et fait marcher les 4 parents, laquelle a piqué le biscuit de l’autre, laquelle attendait sa 48ème dent…

Zélie   Allez viens, on va jouer.
Lou     Tiens.
Zélie   Tiens.
Lou     Tiens.
Zélie   Tiens.
Lou     Tiens.
Zélie   Tiens.
Lou     Tiens.
Zélie   Tiens.
Lou     Tiens.

Traduction pour les lecteurs, qui, n’ayant pas assisté à la scène, ont probablement du mal à se figurer ce qui est en train de se passer… Nos 2 baby-bloggeuses se sont lancées dans un jeu passionnant : elles s’échangent inlassablement un objet. Ça a commencé par un magnet récupéré sur le frigo, ça a continué avec la sucette de Lou, puis un biscuit entamé, et enfin le célèbre Popotame lyonnais, qui passe de main en main : Zélie passe à Lou qui passe à Zélie qui passe à Lou qui passe à Zélie qui… Le lendemain matin, au petit déj, maman Sandrine convertit maman Lodie aux weetabix et papa Philippe sert à maman Axelle sa 15è tasse de café (pour cause de courte nuit de pleine lune)… Les uns en Deux-Sèvres, les autres dans le Rhône, difficile de savoir quand sera possible une prochaine rencontre. Dommage, pour se voir plus souvent, on aimerait bien habiter à deux pas de Lou. Zélie n'a pas fini de demander : "l'est où Lou ?".

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14 mois, sous un soleil artificiel  posté le vendredi 15 août 2008 23:34

Hier, en ce 14 août 2008, jour des 14 mois de Zélie, la température extérieure a chuté en même temps que celle de Miss Roséole. Le dieu Râ pointait aux abonnés absents. Du coup, les tournesols ne savaient où s’orienter pour trouver celui qui d’ordinaire leur fait tourner la tête. Alors Zélie les a un peu aidés. Elle les a saisis à pleines mains pour joyeusement jouer avec ces fleurs déboussolées.
A l’image de ses compagnes de jeu, la bouille de Zélie se réarrondit un peu. Elle replonge ses doigts dans les assiettes comme elle les enfouit au cœur de ces soleils éclatants. Elle trotte à nouveau avec l’assurance de ses premiers jours de marche, la fièvre n’étant plus là pour brûler toute son énergie. Les « tadada » sont de retours, ses chants n’ont pas besoin de ciel bleu pour teinter nos journées de bonne humeur. Zélie a même croisé sur notre lieu de vacances 1 brebis toute laineuse et toute sale, 5 poules au cou déplumé se goinfrant des reliefs de notre poulet-rôti de pique-nique (mais snobant dédaigneusement nos feuilles de salade), 3 vaches laitières meuuuuhhh-glantes, 1 vieux chat noir à la queue coupée prénommé Kookaï, 1 libellule canadair en rase motte sur la piscine, 1 biquette vendant des bonbons des Vosges sur le marché et 3 grenouilles pénardes faisant chacune bande à part sur son nénuphar. 14 bêtes, 14 mois, le compte est bon.

Si Zélie semble léviter sur cet océan vert végétal écumé de jaune, c’est que maman s’y est cachée. Saurez-vous la retrouver ?

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