Zélie Baba est une petite fille aux yeux noirs et à la mèche blonde. Elle vit dans une maison située à la bordure de la cité : d'un côté, elle voit la ville, de l'autre les champs où 3 chevaux paissent paisiblement. Zélie Baba est très courageuse. Elle n'hésite pas à franchir les obstacles qu'elle rencontre : par exemple les escaliers, à monter ou à descendre, ne lui font absolument pas peur et elle chevauche son fidèle destrier de bois ou à roulettes sans appréhender la vitesse ni craindre la chute. De la même façon, Zélie Baba n'éprouve pas la moindre peur devant ses ennemis : elle approche guêpes, fourmis rouges, araignées et moustiques sans sourciller, sans trembler. Et, si papa s'avise à capturer l'un des méchants agresseurs volants ou rampants sous un verre retourné sur la table, sa fillette lui rend aussitôt sa liberté, ignorant le danger.
En un samedi très ensoleillé, Zélie Baba arpente le jardin, rayonnante dans la tunique fushia cousue de fils d'or que lui a offerte sa marraine de blog : la princesse Laure. Zélie Baba prend ce jour-là une importante décision : elle se rendra aujourd'hui-même à la piscine municipale, pour la première fois. Elle affrontera la foule, les grands qui éclaboussent, le milieu microbien et les cris stridents des enfants querelleurs. Pour être en forme, elle se lance dans une sieste de 2 heures, à l'ombre d'un volet fermé en guise de palmier. A 16h, le ventre plein des fruits qu'elle a cueillis dans le frigo, elle prend la route vers la piscine. Elle ne rencontre aucun problème en chemin en dehors de quelques mollassons qui traînent sur la voie et ralentissent son périple motorisé. Enfin arrivée, elle revêt une culotte de ouate étanche et s'apprête à quitter les vestiaires. C'est alors qu'elle saisit une phrase doucement prononcée par une femme enturbannée dans une serviette de bain : "sésame ouvre-toi !", dit-elle, en saisissant un code à 4 chiffres. Et voilà qu'un casier métallique s'ouvre, dévoilant le secret de son contenu : sac de cuir, vêtements richement brodés aux paillettes scintillantes, fines tongs avec strass... Fascinée, Zélie Baba décide de tenter à son tour la formule magique. Elle s'approche d'un placard, chuchotte les mots secrets : le tiroir s'ouvre dans un clac... Vide ! Tant pis ! Zélie Baba y range ses affaires et s'aventure à l'extérieur, vers le petit bain, où 40 enfants pataugent déjà. Son visage s'illumine de plaisir, de joie pure et simple et elle prend son envol vers l'oasis qui l'appelle, et qui n'a rien d'un mirage.
Après une heure idyllique passée imergée dans cette douce eau du robinet tempérée, Zélie Baba remarque une fillette brune, d'un an son aînée, qui pleure à chaudes larmes à quelques pas de là. S'approchant, elle comprend la situation : la pauvre enfant s'est fait voler son petit compagnon, un canard jaune soleil, par une bande de voleurs qui se le passent et repassent, s'amusant de son désarroi. N'écoutant que son coeur, Zélie Baba se mêle de l'affaire : grondant les plus grands, tapant du pied à côté des plus petits, elle oeuvre tant et si bien qu'elle se retrouve au bout de quelques minutes le canard en main.
Si nous avions été dans un vrai conte des 1001 nuits, Zélie Baba, rayonnante, aurait rendu à la belle princesse l'objet qui lui avait été dérobé, ramenant par là-même le sourire dans ce triste regard affligé. Mais nous sommes dans la vraie vie et Zélie est partie avec le canard, sans vergogne, sans pitié, sans regret, emmenant son trésor si convoité pour ne pas risquer de se faire à son tour chiper.
Prochaine aventure : Zélie Baba et l'affreux Escherichia Coli, vilain brigand qui s'est infiltré dans le palais de sa douce marraine et la persécute. Pour le vaincre, Zélie Baba appelle à la rescousse ses valeureux amis. Qui est partant ?




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