Dernière partie de l'histoire : en postface, le témoignage d'une nouvelle Maman
Le jour où tu es née a été le plus
intense, le plus bouleversant de ma vie. Ces mots sont bien fades
pour décrire ce que j'ai ressenti mais il faut
malheureusement s'en contenter car il n'en existe pas d'autres.
J'étais ébahie de parvenir, moi, à donner la
vie. Par quel miracle ? Que suis-je pour cela ?
Une fée ? Une magicienne ? Un dieu (allons-y gaiement ;-) ?
Rien de tout cela pourtant, je ne suis rien de plus qu'une femme
amoureuse qui a eu la chance d'être dotée de ce
"don".
Moi qui n'ai pas de talents artistiques, le jour où je t'ai mise au monde, j'ai ressenti ce que j'imagine être les sentiments d'un peintre devant le chef d'oeuvre de sa vie : une immense fierté teintée de blues, fierté d'avoir donné le meilleur de lui-même pour faire exister son tableau mais blues parce que rien n'égalera plus jamais cet instant de perfection. C'est l'oeuvre de sa vie, il ne fera jamais plus aussi bien. Petite déprime ? Non, probablement un effet de la chute hormonale ;-)
Ce vide, je l'ai également ressenti dans mon corps. Mon ventre disparu, ta présence intérieure envolée : il me fallait désormais réapprendre à vivre sans tes hoquets et tes petits coups de pied. Les jours qui ont suivi ta naissance, tu me comblais à l'extérieur et tu me manquais à l'intérieur. Quel paradoxe. C'est brutal une naissance : pendant des mois, on partage jour et nuit le même corps et puis soudainement chacun prend ses appartements. Il paraît que les nouveaux-nés ressentent eux-aussi fortement ce manque. Est-ce ton cas ? Moi, j'étais comme une coque vide qui a perdu sonfruit. C'est pourquoi j'avais tant besoin de te serrer tout contre moi, le temps que je m'habitue à te voir vivre à côté de moi et non plus en moi. Toi dans mes bras et les bras de ton papa autour de nous ont bien vite permis d'éloigner le baby-blues.
Maintenant tu as 4 mois et demi, je suis remise des émotions de ta naissance. Je profite de chaque instant passé avec toi. Même tes réveils nocturnes sont une source de plaisir, des instants volés au sommeil et à la nuit. J'apprivoise doucement cette nouvelle forme d'amour dont je ne connaissais pas l'existence et qui parfois me fait peur tant il est immense. Moi qui croyait qu'il ressemblerait à celui que je porte à ton papa, il n'en est rien : il va chercher sa source ailleurs, au creux de mon ventre, à l'endroit où tu as été conçue. Tu n'as laissé aucune trace de ton passage. Pourtant mon corps garde ton emprunte en mémoire : il se souvient pour toujours des mois où il t'a "hébergée" et du jour où tu es née.



maman a fait de ce jour un moment inoubliable pour elle et sa famille et pour nous, fideles au jour le jour (ou presque
)

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