Je vous l'avais promis, le voici !
Le récit du jour où je suis née, le tout
en 3 chapitres.
Avec les témoignages exclusifs de Papa
et Maman.
Bonne lecture et rendez-vous demain puis après-demain pour
la suite...
Zélie : je devais naître
le 11 juin 2007 au plus tard. Mercredi 13 juin, on m'attend encore
!
A 10h30, Maman a rendez-vous à la Maternité pour une
visite de contrôle. Monitoring, écho, analyse d'urine
: tous les résultats sont parfaits mais tous montrent que je
n'ai pas fait de mouvement signifiant mon intention de sortir.
Disons plutôt d'entrer de plein pied dans la vie. J'attends
mon heure. Un autre rendez-vous est fixé au 16, 3 jours
après.
Si à cette date je n'ai pas fais mon coming out, ce sera de
gré ou de force ! Quitte à déclencher les
festivités artificiellement. Papa et Maman sortent un peu
dépités de la maternité, ils s'impatientent.
Depuis quelques jours, je dors beaucoup et je boude mon compagnon
de jeu favori, alias le cordon ombical. Je ne bouge pratiquement
pas. Résultat, Maman s'inquiète.
Déjà...! Pourtant, moi je me repose avec la ferme
intention d'être en forme pour mon premier exploit sportif.
On n'improvise pas un moment pareil !
Maman : Je sors donc de la maternité aussi enceinte que j'y étais entrée Pour penser à autre chose, nous allons faire un tour à la llibrairie. Elle est située en haut d'une côte que je n'arrive pas à gravir seule tant le volume de mon ventre et sa position très basse rendent la marche difficile. Ce n'est pas cette fois encore que je pulvériserai le record mondial du 100 mètres. Il faut m'aider. Quel spectacle amusant que celui d'une femme enceinte poussée dans le dos par son homme compatissant pour grimper une mini-côte de rien du tout ! Pour trouver ça drôle, il suffit de ne pas avoir le premier rôle. Après ce petit exercice de grimpette, quelques contractions se font sentir mais rien de violent. J'ai eu des contractions pendant toute ma grossesse, parfois jusqu'à 80 dans la journée et celles-ci n'ont rien de bien différent. A midi, retour à la maison : j'ai faim. Je me dis que ce n'est pas bon signe, que la naissance ne sera pas pour aujourd'hui. La sage-femme m'a souvent dit que l'on perd l'appétit les jours qui précèdent l'accouchement. Bref "si t'as faim, c'est pas pour demain". Pas si sûr...
Papa : L'après-midi, les contractions se précisent. Nous commençons à les noter sur un petit morceau de papier qui va s'avérer trop petit à l'usage. Je me transforme en horloge parlante. "14h23 ,ça fait 7 mn d'intervalle " - " 14h28, 5 mn, ça s'accélère" - "14h43, 15 mn, bah non ça ralentit !". Visiblement on a encore le temps. On va pouvoir en choisir des bouquins ! Retour à la librairie où je fais à nouveau fonction de remonte pente (j'ai pas dit tire fesses !) pour aider tout ce petit monde à atteindre la cible. Une fois arrivé au sommet de cette librairie himalayesque située à au moins 20 mètres d'altitude, je mets ma main sur le ventre dur, puis pas dur, puis dur.... Par intermittence, on devine la forme de Zélie, recroquevillée dans cet espace devenu trop petit.
Zélie : ça commence à m'embêter d'être sans cesse comprimée là-dedans. Je ne me prive pas de le faire savoir à maman par des coups de pied. Mais à chaque fois, je reçois en réponse une nouvelle contraction. J'essaie un petit coup de poing pour voir. Mais voilà que la paroi contre laquelle je suis appuyée se colle à moi en guise de riposte. C'est super sensible ce truc là !
Maman : petit tour dans les boutiques, où je ne suis pas au mieux de mes formes pour les essayages. Je craque sur une petite jupe en soie blanche et noire. Mais quelle taille prendre ? Allez soyons raisonnable : je la repose sagement à sa place, non sans me retourner plusieurs fois avant de sortir de la boutique. Lorsque 18h sonnent, me voilà vraiment gênée. Mon ventre est sans cesse tendu. Je commence à avoir mal. Hop retour à la maison et hop immersion dans un bain chaud. L'excitation monte : c'est ça les contractions de travail ? ça y est, c'est le moment ? Je me rémémore ce que la sage-femme a dit : "d'abord, une contraction tous les 1/4h, puis toutes les 10 mn, 9, 8, 7, 6... de plus en plus rapprochées jusqu'à 5. A 5, vous venez". Facile ! Nous comptons : 7 mn, 8mn, 6 mn, 9 mn... Ouais bof, pas sûre !
Papa : à 19h-19h30, on voit que la douleur se précise. Mains accrochées au rebord de la baignoire, visage crispé. A 20h, je propose de manger quelque chose. Les baignades, ça creusent toujours. Faux ! Pour les mamans sur le point de le devenir, c'est faux. Pas faim. "20h35 ça fait 5mn". "20h40". "20h45". Là, ça se précise. Du coup ça me coupe l'appétit à moi-aussi. C'est pas malin, moi qui m'étais promis de prendre des provisions pour la nuit "N".
Zélie : A 21h30, Papa et Maman arrivent à la maternité. La sage-femme vient me voir dans mon nid et confirme à maman que le travail a commencé. Il est 22h, le compte à rebours vient de se mettre en marche. Selon la sage-femme, je naîtrai au petit matin, probablement juste au moment du changement d'équipe de 7h. Comme c'est un 1er accouchement pour maman, c'est souvent long. Bah moi aussi c'est mon premier et je suis impatiente. En regardant un peu partout, je vois une lueur : un petit espace de 2 cm s'est ouvert, j'ai envie d'y aller.
(à suivre...)

vivement la suite.

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