Abécédaire, les premiers mots de Lutèce  posté le lundi 06 février 2012 22:37

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Quand la langue se libère subitement, c'est fascinant. Peu loquace jusque là, Lutèce s'est mise à prononcer des quantités de mots. Certains intéressés ("téter"...), d'autres totalement gratuits, qui marquent son entrée dans le monde civilisé ("asssiiiii" autrement dit "merci").
Lutèce fait sienne la langue de Proust. Un grand moment. Nos oreilles sont toutes entières tendues vers elle pour ne rien manquer de ses efforts pour communiquer. Voici l'abécédaire de ses premiers mots, ceux qu'elle a choisis parce qu'ils revêtent un sens particulier dans sa vie de bébé. Une sorte de mémoire vive d'un instant, mais déjà presque obsolète car dans cet apprentissage rien n'est jamais figé, tout change tout le temps.

A comme assssiiiii (vous pouvez vous relever... cela ne signifie pas "assis" mais "merci")
B comme Bébé, Bouh (vous êtes priés de sursauter !), comme Bavo (bravo, toujours en tapant des mains) et comme Bateau su l'eau (en chantant SVP)
C comme Coucou (le grand plaisir du moment), Chut ! (quand Zélie dort), Core (encore), Ca-otte (carottes, pour nourrir nos voisines les bêtes à poils...)
D comme Dodo (activité qui n'est toujours pas une grande passion), comme Da (donne, jamais suivi de s'il te plaît), comme Doudou
G comme Gâteau (tiens donc !)
I comme "il-est-où?" (le plus souvent en parlant de Papa)
M comme Maman, comme Miaou (pour mimer le chat, que Lutèce ne nomme encore pas), 
N comme Nez, comme Nounou (qui, contrairement aux apparences, ne désigne pas la nourrice mais Nounours), comme Nanon (Ninon, copine de chez Nounou, la nourrice, pas le Nounours)
P comme Papa, comme Pa (le Pain)
S comme Siiiiiiii (quand vous lui dites Non, ça promet !)
T comme Téter (prononcé en tirant furieusement sur le pull de Maman), comme Tiens, comme Tata (petit nom qu'elle donne à son doudou LoliTA), comme Tatie (petit nom que les enfants donnent à Nounou)
Y comme Yayout (Yaourt)
Z comme Zéyiiiiii !!!! 

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Les canelés de la Chandeleur  posté le samedi 04 février 2012 18:04

Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, Les canelés de la Chandeleur

La Chandeleur chez nous, c'est presque tous les jours. La crêpe constitue bien souvent le petit déj matinal de Maman. Alors pour changer, on a fait des canelés. Ce qui, finalement, n'est pas si éloigné. Même ingrédients mais avec du rhum et de la vanille pour améliorer l'ordinaire et donner cette saveur extraordinaire. Croûte caramélisée, coeur fondant, le canelé ou cannelé à le bon goût de s'écrire avec 1 "n" ou 2 pour ne pas nous prendre à défaut. Mais le canelé est un faux ami, car il a l'exigence de ne connaître qu'une seule recette pour subjuguer les papilles. A la maison, on n'en est pas à la première édition mais c'était sans conteste la meilleure fournée. C'est à force de tatonnements que Maman l'a peaufinée. Alors voici, en exclusivité, la MEILLEURE recette de canelés bordelais. Baillardran n'a qu'à bien se tenir ! 
PS : y'a juste un hic, on a oublié de les photographier avant de les manger. Délit de gourmandise. Pour notre défense, un canelé se déguste de préférence le jour où il a été fait pour un croustillant parfait.
PPS : si vous vous inquiétez au sujet du goût de rhum qui pourrait déplaire aux enfants, n'ayez aucune crainte : Zélie ET Lutèce s'en sont régalées goinfrées. En plus après une longue cuisson, l'alcool est complètement évaporé.

Ingrédients (pour 16 cannelés) :
- 50 cl de lait (entier de préférence, mais ça marche aussi avec du demi-écrémé)
- 2 œufs entiers et 2 jaunes 
- 1 gousse de vanille et 1 cuillérée à café d’extrait de vanille liquide
- 3 ou 4 cuillères à soupe de rhum
- 100 g de farine
- 200 g de sucre en poudre
- 25 g de beurre

Préparation :
C'est là que le bât blesse : la pâte se prépare avec 1 jour d'avance. Trop dur.
La veille, il faut donc :
- faire bouillir le lait avec la vanille et le beurre. 
- pendant ce temps, mélanger la farine avec le sucre, creuser un puis et y mettre les 2 oeufs entiers et les 2 jaunes. Mélanger mais attention, opération délicate : le secret des canelés réussis est de ne JAMAIS fouetter la pâte. Sinon elle est pleine d'air et les canelés au mieux débordent des moules et sont affreux, au pire sont creux.
- verser ensuite le mélange lait vanillé-beurre bouillant et mélanger doucement (toujours sans fouetter)
- laisser refroidir, puis ajouter le rhum.
- mettre au frigo 24 heures.

Le jour J :
- sortir la pâte du frigo au moins une heure avant la cuisson pour qu'elle revienne à température ambiante.
- préchauffer le four à thermostat 9 (270°C). 
- attention voilà le 2è secret de fabrication, valable y compris pour les moules en silicone (c'est d'ailleurs ceux que nous utilisons) : faire fondre un peu de beurre et en tapisser les moules à canelés à l'aide d'un pinceau, saupoudrer ensuite légèrement de sucre, c'est ce qui donnera au canelé son fameux croustillant et son goût caramélisé.
- verser la pâte dans les moules, en ne les remplissant qu'aux 3/4.
- poser les moules sur une grille à mi-hauteur et laisser cuire à th. 9 pendant 8 minutes.
- baisser le thermostat à 6 (180°C) et continuer la cuisson pendant 50 minutes à 1 heure (à surveiller, cela dépend de votre four). Les canelés sont prêts quand leur croûte est bien brune.
- démouler encore chaud.

Et maintenant, dégustez !

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Sans culotte...  posté le mardi 31 janvier 2012 21:50

Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, Sans culotte...

C'est une première ! Heureusement d'ailleurs... Une première fois qui a réveillé les cauchemars d'enfance de Papa et Maman. Des cauchemars qui datent d'il y a... ouh là là, beaucoup beaucoup d'années et qui attendaient leur heure pour remonter le fleuve des souvenirs.
Hier, Zélie est allée à l'école sans culotte. Cul nu ! Fesses à l'air ! Heureusement, vu les températures hivernales, elle avait plein d'autres vêtements pour lui cacher le popotin. Mais quand même. Une fois le fait identifié, Zélie s'est révélée incapable de profiter de sa journée. Gênée aux entournures. Tétanisée. Seule Nadine, l'Atsem, a été mise dans le secret. Zélie-la-bavarde-qui-dit-tout a bien tenu sa langue sur ce coup-là. L'information est restée bien gardée.
Il faut dire que le matin, à l'heure de s'habiller, Zélie traîne, rêvasse, joue, tergiverse, se mêle de ce qui ne la regarde pas, n'obéit pas, jacasse, commence un truc et passe à un autre, bref elle n'est pas à ce qu'elle fait. Pourtant sa pile de vêtements est là, toute prête, à l'attendre bien sagement. Zélie n'a qu'à les enfiler les uns après les autres, dans le bon ordre de préférence. Mais elle est à un âge où c'est trop lui demander. S'habiller l'ennuie profondément. L'âge du "toute seule" est révoqué, elle préférerait qu'on la vêtisse comme une poupée. Elle n'aurait qu'à tendre le cou, la main, le pied, surtout ne pas se fatiguer. Parce Mademoiselle Zélie est un peu la statue de la flemme au repos en ce moment. Donc il fallait bien qu'un jour quelque chose de ce genre arrive à la jeune évaporée. Pour qu'elle comprenne enfin pourquoi il faut avoir la tête à ce que l'on fait, même si ce que l'on fait ne nous passionne pas des masses.
Zélie est donc allée à l'école cul nu sous son collant. Ca aurait pu être pire. Espérons qu'elle retire un bénéfice de l'expérience. Pour enfoncer le clou et pour l'aider à digérer son désarroi, Papa et Maman ont ressorti leurs vieilles histoires. Ces fameux rêves que l'on fait tous dans l'enfance et qui nous marquent à vie. Les premières humiliations publiques. Zélie s'est donc entendu conter l'histoire de Maman qui, ayant pris son petit déjeuner, avait  traîné, n'avait pas vu le temps passer et était partie à l'école en oubliant de s'habiller. A son arrivée, les rires s'étaient mis à s'égayer, les railleries à fuser. Ce n'est qu'alors que Maman avait pris conscience de son inadéquate posture : elle était en pyjama dans la cour de récré. Le pire des cauchemars pour la petite fille timide qu'elle était. Pour Papa, presque le même scénario, sauf qu'il s'était pointé à l'école en chaussons sous la huée des gosses sur-excités. Zélie a écouté, s'est projetée, a ressenti en elle les saubresauts de l'humiliation, au point même d'en oublier qu'il s'agissait de rêves, pas de réalités. Le lendemain, elle racontait les mésaventures de ses parents à tous ses copains pendant la récré. Sympa Zélie ! Merci pour la réputation ! Mais attention Madame la Pie, on n'a pas dit notre dernier mot...

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La vie a du piquant  posté le lundi 30 janvier 2012 12:08

Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, La vie a du piquant

On lui connaissait une passion pour le citron et les cornichons. Mais sa folie gustative ne s'arrête pas aux aliments en "on". Ni à l'acide d'ailleurs. Lutèce raffole du vinaigre balsamique, léchant le précieux nectar et laissant bien volontiers la salade qu'il était censé assaisonner ; elle aime le poivre en grains qu'elle récolte directement du bout de la langue sur le moulin ; elle se délecte de la moutarde, surtout la forte qui arrache les larmes mais qui réveille si bien les aliments de son robuste parfum ; elle ne boude pas les tajines bien relevés qui donnent bien chaud au gosier ; elle croque gourmandement le chocolat au gingembre de même que celui aux baies roses qui ne sont pourtant pas au goût de tout le monde ; elle lèche avec passion les olives pimentées mais le coup de dents plantées dedans n'a pas donné la satisfaction escomptée (davantage à cause de l'olive que du piment, ne vous méprenez pas). C'est à croire que cette enfant n'a pas été dotée de papilles à la naissance ou que celles-ci sont gainées de cuir de boeuf haute résistance.

Tout ce qui pique est donc au goût de Lutèce. Tout sauf ce qui ne lui entre pas dans le gosier. Parce que les drôles de boutons qui lui courent sur l'épiderme depuis 2 jours ne semblent pas provoquer chez elle le moindre plaisir. Leur piquant réveillent l'irritation plutôt que la satisfaction. Scarlatine ? Syndrôme pieds-mains-bouche ? Les deux ? On envisage sérieusement de prendre une carte d'abonnement chez le Docteur. Surtout à l'heure où, à peine sur la voie de la guérison, Maman sent à nouveau son fond de gorge picoter. Pour l'instant, Zélie l'irréductible résiste aux assaults de l'ennemi en assommant à coup de hache tout ce qui serait susceptible de la contaminer, même sa soeur ! Elle a fait siens les préceptes pirates. Sans foi ni loi, dans la lutte, tous les moyens sont bons : "ad augusta, per angusta" (de glorieux résultats par des voies étroites). Mais attention, les deux malades ne se laissent pas abattre : "fluctuat nec mergitur !" (battu par les flots mais ne sombre pas).

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La compassion ne se transmet pas dans les gènes  posté le mardi 24 janvier 2012 21:32

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Depuis samedi, la Mater Dolorosa est souffrante et ça se voit. Système immunitaire HS, attaques virales et infectieuses combinées = grippe + angine avec complications + otite + rhino-pharyngite. Rien de plus, rien de moins. 15 jours d'arrêt. Les rares personnes croisées (médecin, pharmacienne, nounou, maîtresse) n'ont pas eu besoin d'un bilan de santé pour s'apercevoir que ça n'allait pas. Mais il faut croire que les enfants, qui, on le sait, ont déjà l'ouie sélective, sont touchées par le même syndrôme au niveau de la vision. Ils ne veulent voir que ce qui les arrangent. Et là, ils ont choisi l'aveuglement. Maman est mal à en crever et elle se fait harceler par 2 têtes blondes qui profitent sans vergogne de sa faiblesse. Caprices (pour entamer et laisser une 3è banane), crise majestueuse à la sortie de la garderie (ô drame, Maman était venue plus tôt que d'habitude), humeur de roquet (l'une ne voulant pas jouer avec l'autre, et l'autre appelant l'une sur l'air d'un fado tragique), excuses bidons (pardon Maman, je recommencerai plus... je peux regarder un dessin animé ?), merci les enfants de votre compassion ! Quand on pense que nous, parents, nous nous plions en 4 pour eux quand ils sont malades. Quand on pense qu'on reste aux abois jours et nuits, soignant et cajôlant, réconfortant et s'exposant inconsidérément. Quand on se surprend même à souhaiter prendre pour nous leurs maux afin de leur apporter le soulagement. Quelle idée d'ailleurs ! Une fois que c'est fait, on se demande bien ce qui nous a pris de penser un truc pareil, non mais vraiment ! Si au moins, en retour, on pouvait attendre un peu de calme, d'attention, un chouia d'empathie. Rien de rien. Pas une molécule de compréhension. Pas une once de solidarité. Pas un mm3 de soutien. Rien. Que dalle. Mouchez-vous et circulez !
L'empathie ne se transmet pas dans les gènes, elle ne fait pas partie du bagage héréditaire, malheureusement. Ou alors elle est en germe et attend tapie au fond du petit être pour s'épanouir à la chaleur durable des sentiments et des bons exemples donnés à voir. Mais alors mazette, on part de loin ! Que de chemin à parcourir !

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