Accueil Date de création : 21/05/07 Dernière mise à jour : 21/11/08 20:11 / 331 articles publiés
 

Echange Loup blanc contre Ours brun  posté le mercredi 05 novembre 2008 21:44

A la niche le Loup blanc !
Lasse de se faire plaquer sur une table d'auscultation et comprimer la poitrine pendant 15 minutes, Zélie a décidé de se passer des services de son rouleau malaxeur honni. Soit ! Mais il fallait bien trouver une solution pour libérer sa trachée toute encombrée. Et oui, Zélie fait des bruits de syphon car elle a repris sa collection de -ite : otite, rhinite, bronchite, trachéite et inflammation de la gorge (ben oui, il y en a toujours un qui ne rime pas !). Et cette fois-ci, pas moyen d'échapper à la kiné respiratoire. Papa et maman ont donc trouvé un remplaçant au Loup blanc : l'Ours brun. Petit, rablé, enrobé, et doté d'une tête brune et toute ronde, d'où son surnom. Zélie l'aurait presque aimé ce bonhomme-là avant de savoir ce qu'il faisait comme métier. Et malgré des gestes qui peuvent de loin ressembler à une torture, elle ne le déteste pas tout à fait. Il faut dire que le nounours en question fait bien moins peur que le Loup blanc, que son approche est plus joviale, qu'il a des jouets dans son cabinet et qu'il a... vous savez quoi ?... un miroir ! Un truc tout bête qui permet aux bébés de se regarder en train d'hurler. Et ça, Zélie semble apprécier. Elle ne se quitte pas des yeux, ce qui évite à maman de devoir supporter son regard malheureux et accusateur. Pour ce qui est de la technique, ce nouveau tortionnaire bienfaiteur ne vous plaque pas le dos sur une table d'auscultation froide et dure, il vous garde sur ses genoux potelés et vous parle gentiment à l'oreille pendant que ses mains passent aux choses sérieuses. Tout ceci n'empêche pas  Zélie de brailler tout son soûl mais, preuve qu'il mérite sa considération, il a droit de la part de la demoiselle à un bonjour et un au revoir. Par contre, pour le "merci", faudra repasser plus tard.

Afin de se remettre de ses émotions et pour se convaincre que, même enrhumée, elle peut opter pour la position allongée sans risquer un traitement de choc , Zélie s'avoure son bain et chantonne. Sa voix est dégagée faute d'être mélodique. Mais faut pas demander au kiné plus qu'il ne peut : il ne nous rend pas une sirène, il nous rend un bébé tout apaisé et c'est déjà beaucoup. Bravo Doc !

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Coucou caché, enfin presque  posté le dimanche 02 novembre 2008 15:08

Mais elle est où Zélie ? Vous la voyez vous ? Elle était là il y a un instant, juste devant nous, en train de papoter et d'un seul coup, abracabra ! pouf ! elle a disparu, envolée. Zélie ? Zéééééééliiiiiiiiiiie, t'es oùùùùùùùùùùù !!!!!!!!

"Coucou !".

Oh la revoilà ! Dans un éclat de rire et juste pour quelques secondes, le temps de ramener ses petites mains sur sa bouille et de retourner se cacher. Le coucou-caché, c'est le grand jeu de Zélie en ce moment. Elle cache ses yeux, n'y voit plus rien et disparaît aux yeux de tous (enfin, c'est ce qu'elle se plait à croire). Ces parties de cache-cache minimalistes sont apparues lors d'une rencontre avec un double-rideau. Zélie avait passé sa tête derrière, et nous avons fait semblant de ne pas la voir du tout et de l'appeler. Depuis, de nombreuses variantes se sont succédées : derrière un rideau de cabine d'essayage, sous un lit, derrière un rideau de douche, sous les vêtements d'une penderie... à chaque fois, notre petit autruchon se contente de planquer sa tête laissant bien en vue son popotin pommé sous sa couche avec ses pieds au bout.
Maintenant, Zélie a encore plus épuré la technique. Elle est même devenue magicienne, comme la petite sorcière qui porte son nom dans la bande dessinée de Cécile Chicault (merci tata Carine pour cette découverte). Il suffit qu'elle mette ses mains devant les yeux pour devenir invisible. Par contre, elle continue de très bien voir en trichant un peu, les doigts légèrement écartés, entre lesquels apparaît un petit oeil malicieux qui scrute ceux qui s'égosillent à l'appeler.
Ce jeu a occupé Zélie et toute une bande de joyeux titis parisiens de 7 à 10 ans, en route pour une colonie de vacances poitevine. Pendant presque 3/4h, Zélie s'est tenue perchée sur la tablette du siège du TGV et a arrangué la foule, emmenant tout le monde dans un jeu du coucou-caché géant. Les bras levés au dessus de sa tête, elle attendait d'être imitée par ses petits camarades puis ramenait ses mains sur son visage à toute vitesse, quitte à se donner un coup malencontreux dû à la précipitation. Et elle disparaissait instantanément, une bille rigolarde surveillant son petit effet, avant de réapparaître sous les cris de joie et les applaudissements. Grisée par le succès, notre petite starlette se jetait alors en arrière, comptant sur les bras de ses fans pour la rattraper et la remettre sur pieds, et reprenait aussitôt son petit numéro de plus belle. Tout cela s'est terminé à la gare de Poitiers par des "au-revoir" francs et directs, un peu de regret et une affection débordante pour le jeu du coucou-caché.

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2 ou 3 choses apprises de lui  posté le mercredi 29 octobre 2008 15:15

29 octobre, 15h15. L'heure est venue de saluer Papi. Pour l'occasion, papa a décidé de parler de son papa, de retourner dans ses souvenirs et de refaire le chemin qu'ils ont parcouru ensemble, du petit garçon en culottes courtes à l'homme qu'il est devenu, pour que Zélie sache un jour tout ce que lui a transmis son Papi...

Papi Jacques n'a jamais donné de leçon. Encore moins fait la leçon. Pourtant, il nous a appris l'essentiel. Le don de lui. Le don de soi. Sa méthode pour transmettre était simple : mettre à portée de regard et de sentiments des façons de faire, puis laisser le charme et le bon sens agir. A vous de choisir ce qu'il était bon de retenir.

Une méthode infaillible qui pouvait s'appliquer dès le plus jeune âge. Félix par exemple, petit fils de papi Jacques et grand frère de Zélie, avait eu, du haut de ses 3 ans, une repartie symbolique qui avait fait sourire Papi et lui mouillait encore les yeux en regardant, bien des années plus tard, la séquence vidéo faite de cet instant : alors que l'on demandait à Félix quel parfum de glace il souhaitait, il répondit "pistache...." puis ajouta "comme Papi !", tout fier de lui. Il avait observé que son grand-père trouvait ça bon et l'évidence s'est imposée d'elle-même : si papi aime, c'est que c'est bon !

Ne jamais rien imposer. Mettre a disposition.  A vous de vous servir et d'en faire bon usage si le coeur vous en dit. Et avec Papi jacques, le coeur, c'est lui qui parlait le plus. En le regardant faire simplement, à travers le soutien dont il était généreux, par ses petits ou ses gros coups de main, grâce au bien-être qu'il nous donnait d' un sourire connivent ou d'une petite réflexion anodine à l'humour décalé, le voir agir suffisait pour avoir envie de donner, nous aussi, autant que l'on recevait de lui. A une époque ou les psys préconisent souvent aux personnes "qui ne vont pas bien" de "prendre davantage de temps pour soi", de "penser davantage à soi" pour aller mieux, Papi Jacques était un exemple du contraire : on peut aller très bien et prendre beaucoup de plaisir en consacrant du temps aux autres.

Se lever tôt pour conduire ses petits enfants à l'école ou à une activité sportive dominicale, c'était pour son plaisir.  Bricoler chez ses enfants pour bien les installer chez eux et dans la vie, c'était pour son plaisir. Se rendre disponible en bien des circonstances pour apporter renfort et réconfort, c'était pour son plaisir. Et ce n'est pas tout : être toujours présent au bon moment avec discrétion et pudeur sans rien attendre en retour, donner aux tâches ménagère un côté ludique pour les rendre plus plaisantes, dédramatiser les disputes ou les inquiétudes d'un trait d'humour tellement impertinent qu'on se retrouvait comme deux ronds de flan, et le souci s'était envolé, au moins un instant. Par exemple, le jour où, tristes,  tendus et tellement malheureux, nous avons enfin trouvé le courage de parler avec lui de ses obsèques, Papi, répondant au téléphone, a dit : "on prépare ma fête, ça va être bien". Ces quelques mots résument à eux-seuls qui était papi Jacques.

Papi Jacques "est" dans ses enfants et petits enfants de par beaucoup d'emprunts que l'on a pu lui faire, un peu à l'instar de la glace à la pistache. Une expression, une attitude, un geste... nous sommes quelques-uns à le singer à notre manière et à le prolonger ainsi. Garance, Félix et Ozanne ont plein de moments passés avec Papi Jacques à raconter à Zélie. A chaque fois de bons moments. Des souvenirs bien vivants et qui réactiveront les instants de bonheur partagés. Jusqu'au bout, Papi Jacques a été fidèle à sa volonté d'être positif et de toujours faciliter les choses et la vie à son entourage. Une bonne raison pour rester positifs nous-aussi, on l'a bien vu : il nous appartient de nous servir dans cette énergie-là et de l'insuffler à notre tour.

"Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuve d'amour", Papi Jacques avait fait sienne cette citation sans nécessairement la connaître. Chapeau bas pour cette grande leçon et des bisous affectueux de nous tous.

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Papi Jacques  posté le dimanche 26 octobre 2008 22:55

Petite chérie,

Ces derniers jours n’ont pas été comme d’habitude. Qu’en as-tu compris ? Qu’as-tu ressenti ? Que te restera-t-il de cette ambiance ambivalente où la famille est soudée mais où chacun se perd dans ses pensées, arpente ses récents et plus anciens souvenirs ? Ton papi Jacques vient de quitter la vie. Une vie qui était devenue bien difficile pour lui. Il nous manque. Nous sommes sous le choc. Donne-nous un peu de temps pour que l’on s’habitue à son absence. D’ici quelques jours, quelques semaines peut-être, son souvenir ramènera des sourires dans nos regards. Et alors, c’est promis, nous saurons le faire revivre pour toi, pour que tu saches ma chérie qui était ton papi, que tu as si peu connu. Au détour d’une phrase, il s’incarnera soudain et nous te raconterons une scène de vie, une anecdote à propos de ton papi. Ce seront toujours des histoires toutes simples parce qu'il aimait par-dessus tout simplifier les choses afin de rendre à son entourage la vie facile. Mais tu peux compter sur nous pour te les rendre aussi vivantes que possible, au point que tu croiras les avoir toi-même vécues, et tu les conteras à ton tour comme si tu y étais. 

Ton papi revivra et se présentera à toi sans que tu t’y attendes, déposant sur ton front le baiser d'un papillon. Il surgira d'un album photo et tu reconnaîtras entre mille le petit balai brosse sous son nez. Et tes petits doigts se rappelleront ce contact piquant qui, depuis ta naissance, t’a tellement fascinée. Tu accompliras sans le savoir des gestes qui te viendront de lui, à travers l’un des emprunts que nous avons pu lui faire. Parce que transmettre, c’est le sens de la vie. Et ton papi l’avait bien compris.

Zélie, tu nous donnes l’énergie de tes sourires et de tes premiers jeux complices. De ceux qui lui ont fait tant de bien il y a un mois quand tu es allée en Normandie et que vous avez échangé à la fois des petits animaux de ferme en plastique et des regards emplis de tendresse.

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Copieuse et rapporteuse !  posté le mercredi 22 octobre 2008 20:22

Regardez bien les photos d'à-côté. Y a-t-il quelque chose qui vous frappe ? Rien ? Vous êtes sûr ? Oui, c'est vrai, Zélie a désormais (beaucoup) plus de cheveux que papa. Mais ce n'est pas ça... Regardez leurs pieds... et leurs jambes... observez maintenant le haut : vous avez trouvé ? Zélie et papa sont habillés pareil ! "Sauf les chaussettes roses", précise papa. Et en plus, Zélie s'assied sur les marches, comme papa, Zélie étend les jambes devant elle, comme papa, Zélie va même jusqu'à salir son beau petit haut tout rose pour pouvoir mettre celui de rechange, couleur chocolat, comme papa (enfin, ça, ce n'était peut-être pas fait exprès). Bref, tout ça pour dire qu'en ce moment Zélie copie, plagie et même parodie sans vergogne. Avec un bébé à la maison, le moindre de vos petits défauts, de vos gentils travers, de vos habitudes pas tout à fait exemplaires sont immédiatement mis à l'index. Non pas que Zélie se moque ouvertement, non, nous n'en sommes pas encore là heureusement... Par contre, elle reproduit en public certaines choses qui gagneraient à rester dans la sphère intime, et nous expose sans scrupules à la risée générale. Par exemple, Zélie lèche l'étiquette de son petit suisse à chaque goûter... Elle boit le lait directement à la brique... Elle abandonne volontiers fourchette et cuillère pour picorer avec les doigts (même la purée, même le weetabix tout imbibé)... Elle essuie négligemment ses mains sales sur le premier pantalon à sa portée... Elle fouille sans cesse dans les placards à la recherche de petites choses à grignotter... Elle mange sa soupe en portant directement l'assiette à sa bouche (ben oui, la cuillère, c'est lent)... Elle est pendue au téléphone et jacasse comme une petite pie... En panne de mouchoirs, elle retire délicatement sa goutte au nez dans une manche (de préférence celle de quelqu'un d'autre)... Au restaurant, elle lèche consciencieusement son assiette vide, dans le moindre recoin... etc... etc... On avoue, on est parfois un peu fautifs (juste un peu). Mais que les choses soient claires : quand elle se met les doigts dans le nez, rote bruyamment à table ou pète sur les genoux, c'est pas nous !

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