Nul besoin du Cours Florent pour former Zélie à l'art dramatique. Exit les masques de la Comedia dell'Arte pour forcer le trait de l'expression. Le jeu d'actrice est venu à Zélie d'instinct, sans effort. Le sens de la dramatisation, elle l'a dans le sang, et la circulation est active. Et plus le public réagit, plus Zélie transcende son rôle, ne faisant plus qu'un avec son personnage (fictif, on ne vous permet pas d'en douter). Comique ou tragédie, Zélie ne boude aucun registre. Mais grandeur et grandiloquence font quand même partie de ses interprétations préférées. En Reine de la nuit, Zélie est grandiose. Surtout quand sa fureur explose, alors que son personnage cherche à imposer à sa fille le cruel dilemme de la renier si elle ne poignarde pas Sarastro. Le tempo rapide, les prouesses vocales, les notes suraiguës : tout contribue à signifier l'ampleur du courroux. Par la vocalise, par les capacités extraordinaires de sa voix, la Reine charme et impose ses volontés.
Hé ho, Zélie, redescend sur terre : à la maison, ce genre de méthode, ça ne marche pas ! Au fait, c'était pour quoi cette scène ? Tu ne t'en souviens plus ? C'était juste pour le plaisir (NDLR : c'était pour un bonbon) ? Alors n'abusons pas des bonnes choses : rideau !









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