La compassion ne se transmet pas dans les gènes  posté le mardi 24 janvier 2012 21:32

Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, La compassion ne se transmet pas dans les gènes

Depuis samedi, la Mater Dolorosa est souffrante et ça se voit. Système immunitaire HS, attaques virales et infectieuses combinées = grippe + angine avec complications + otite + rhino-pharyngite. Rien de plus, rien de moins. 15 jours d'arrêt. Les rares personnes croisées (médecin, pharmacienne, nounou, maîtresse) n'ont pas eu besoin d'un bilan de santé pour s'apercevoir que ça n'allait pas. Mais il faut croire que les enfants, qui, on le sait, ont déjà l'ouie sélective, sont touchées par le même syndrôme au niveau de la vision. Ils ne veulent voir que ce qui les arrangent. Et là, ils ont choisi l'aveuglement. Maman est mal à en crever et elle se fait harceler par 2 têtes blondes qui profitent sans vergogne de sa faiblesse. Caprices (pour entamer et laisser une 3è banane), crise majestueuse à la sortie de la garderie (ô drame, Maman était venue plus tôt que d'habitude), humeur de roquet (l'une ne voulant pas jouer avec l'autre, et l'autre appelant l'une sur l'air d'un fado tragique), excuses bidons (pardon Maman, je recommencerai plus... je peux regarder un dessin animé ?), merci les enfants de votre compassion ! Quand on pense que nous, parents, nous nous plions en 4 pour eux quand ils sont malades. Quand on pense qu'on reste aux abois jours et nuits, soignant et cajôlant, réconfortant et s'exposant inconsidérément. Quand on se surprend même à souhaiter prendre pour nous leurs maux afin de leur apporter le soulagement. Quelle idée d'ailleurs ! Une fois que c'est fait, on se demande bien ce qui nous a pris de penser un truc pareil, non mais vraiment ! Si au moins, en retour, on pouvait attendre un peu de calme, d'attention, un chouia d'empathie. Rien de rien. Pas une molécule de compréhension. Pas une once de solidarité. Pas un mm3 de soutien. Rien. Que dalle. Mouchez-vous et circulez !
L'empathie ne se transmet pas dans les gènes, elle ne fait pas partie du bagage héréditaire, malheureusement. Ou alors elle est en germe et attend tapie au fond du petit être pour s'épanouir à la chaleur durable des sentiments et des bons exemples donnés à voir. Mais alors mazette, on part de loin ! Que de chemin à parcourir !

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Mater Dolorosa et poils de bêtes  posté le dimanche 22 janvier 2012 11:52

Le combat était féroce, on s'y est donnés corps et âme. Lutèce remonte la pente et Maman rend les armes. La fièvre de l'une monte au fur et à mesure que celle de l'autre retrouve un niveau normal. Les muscles de l'une se crispent alors que les vomissements de l'autre s'estompent. Lutèce va mieux. Un Petit Suppo bien dévoué a rempli son office, entrant avec une ribambelle de copains dans la "lune" de celle qui n'en voulait point. Il s'appelle Vogalène, nous lui devons beaucoup. Parce que, grâce à lui, Lutèce a cessé de vomir son antibiothérapie. Et en ces dernières heures, enfin, elle revit. Ses poumons crépitent encore comme un feu de bois, la nuit elle continue de tousser comme une fumeuse de Havane et, au lieu de vomissements, des gaz pestilenciels s'échappent de son petit ventre aplati, mais l'amélioration est quand même phénomale. Espérons que le traitement qui la soulage soit le bon, qu'elle ne replongera pas sitôt l'antibio fini. Parce que les analyses n'ont pas encore entièrement donné leur verdict. Alors on avance pas à pas, on tatonne, on ajuste si besoin.
Pendant ce temps, Maman grelotte, son dos se paralyse, sa nuque se raidit. Le thermomètre s'envole, le flambeau est pris. Le relais a été transmis par projection de vomis. Difficile de passer entre les gouttes, surtout quand l'attaque vous frappe en plein visage. Redoutable ! Même les plus braves n'en seraient pas sortis indemnes.
La nuit a fait son oeuvre. Au matin, la "Mère Douloureuse" a repris du Doliprane et Lutèce a repris du poil de la bête. Elle a même repris une habitude abandonnée depuis quelques jours : regarder par le champ par la fenêtre. Elle a fouillé l'horizon du regard pour y trouver des fans de carottes, c'est à dire les chevaux du voisin. Les apercevant, Lutèce a sifflé à sa manière pour les appeler en tendant son museau à la fenêtre. Petit doigt pointé vers la porte du frigo, petit mot ressemblant à "ca-otte" se faufilant entre ses lèvres, le message était clair, il fallait nourrir les bêtes. Là pas de doute, Lutèce est repartie au trot vers une bonne forme. Espérons que Maman va vite faire une chevauchée sur le même chemin. On appelle le Docteur au secours demain...

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Plongée en eaux troubles  posté le vendredi 20 janvier 2012 15:44

Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, Plongée en eaux troubles

Pâle, cernée, amaigrie, mis à part son sourire quand il nous fait la surprise de se pointer, Lutèce s'est métamorphosée. Méconnaissable. Ces dernières nuits l'ont dépossédée de ses attributs de bébé. Le vomis quotidien, qui était devenu notre rendez-vous nocturne, a laissé place à des dizaines de spasmes journaliers. Elle vomit des hectolitres dont elle arrose copieusement la maisonnée avec, comme activité de prédilection, recouvrir sa mère de la tête aux pieds. Et pourtant presque rien n'entre dans sa petite cavité buccale dégoûtée, pas même les médicaments censés la soulager. Nous passons donc nos journées à nous doucher, à nous changer, à lessiver, à serpiller, à câliner une petite ouistiti maigrelette de 9 kg et des poussières qui ne pose plus le pied à terre. Aujourd'hui, Lutèce a réussi une prouesse : garder Maman ET Papa à la maison à ses côtés.
A l'instant, nous venons de conclure un marathon médical engagé hier midi. Bilan sanguin, analyse d'urines, radio pulmonaire, rien n'a été simple à mener avec une petite vomissouille à l'estomac véloce et au pipi asséché. Il aura fallu 8 poches à urine pour obtenir la récolte espérée. Au bout de 3, le laboratoire, lassé de la manoeuvre, avait fini par nous fiche à la porte avec pour consigne de revenir AUSSITOT le pipi sorti. Sauf que, c'est là qu'on s'en rend compte, pour remplir un récipient, quel qu'il soit, un garçon est quand même mieux loti : la maigre production de l'après-midi a malheureusement fini dans les lymbes de la culotte ouatée, la poche n'ayant récolté d'une petite goutte, qui n'a pas suffi. Ô désespoir ! Parce que le deal était clair et sans appel : pas de pipi, pas de médicaments ! Impossible de prendre le risque que les antibiotiques faussent l'analyse. L'attente a donc repris, les poches à urine se sont succédées, Maman est devenue experte en pose expresse, l'heure a tourné et, à 19h, heure de fermeture du Laboratoire, il a fallu renoncer. Bredouilles. 19h05 : la poche était remplie. On en aurait pleuré de dépit. Heureusement le laboratoire nous a autorisé à garder ce précieux pipi, qui a trôné toute la nuit dans notre frigo, accoudé au fromage blanc et adossé à la boîte d'oeufs. Maman avait donné comme consigne formelle de ne pas le bousculer sous peine de se prendre une roustre dans la foulée. Sans attendre un diagnostic, nous avons démarré une antibiothérapie à large spectre, afin de tenter de soulager Lutèce. Malheureusement elle vomit consciencieusement chaque dose, chaque aliment, chaque liquide ingéré, et même de la bile quand son petit ventre n'a rien de mieux à offrir. Résultat : son état ne fait qu'empirer, une oesophagite et une double inflammation des tympans venant compliquer une situation déjà pas simple. La radio montre une pneumopathie. On attend les autres analyses. Avec impatience, est-il utile de le dire ?

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La fièvre du soir  posté le mercredi 18 janvier 2012 22:50

On n'est pas samedi. Travolta ne partage pas notre nid. Et pourtant, chaque soir, depuis 3 soirs, la fièvre s'invite et Lutèce en pâtit. Parce que cette fièvre-là ne la fait pas danser jusqu'au bout de la nuit. Elle la rend agitée, fébrile, à la fois l'épuise et l'empêche de dormir. Ce n'est pas une forte fièvre, 38°5, guère plus. Mais c'est une fièvre mesquine qui donne des hauts-le-coeur et coupe l'appétit, qui fait tourner la tête et arrache des cris. Lutèce se plaint. Lutèce geint. Son nez coule, sa toux râcle et ses yeux suintent. Tout ça se termine par un vomis au beau milieu de la nuit, au beau milieu du lit. Chaque soir, depuis 3 soirs, c'est la même histoire. Et chaque jour, depuis 3 jours, les symptômes s'envolent au matin comme si tout était fini. Du coup, on n'arrive pas à se résoudre à consulter, honteux de montrer une petite poulette pas en forme, certes, mais pas non plus complètement HS. On aimerait bien pouvoir accuser quelqu'un : la Dame croisée et sa gastro, la sortie des dents du fond, le petit frère grippé d'une copine de Zélie. Mais aucun coupable ne tient le cap de l'interrogatoire. Avez-vous déjà connu ça ? Une fièvre intermittente qui n'apparaît que le soir ? Un vomissement journalier ? Un appétit envolé ? C'était la faute à qui ?

En attendant, il faut gérer la culpabilité de bazarder chaque jour malgré tout une Lutèce mal embouchée et épuisée chez la Nounou. (Déjà qu'elle n'y va pas le coeur léger...)

NB : en images, rien à voir. On préfère vous montrer Lutèce quand elle a le boyau à la rigolade plutôt que l'estomac en vidangeage (vous pouvez nous remercier).

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Au global, c'est pas si mal !  posté le dimanche 15 janvier 2012 23:46

Blog de zelie :Le blog de Zélie et Lutèce, Au global, c'est pas si mal !

Samedi, 10h20, nous arrivons chez le médecin.
- "Bonjour, vous avez rendez-vous ? C'est à quel nom ?", demande la secrétaire.
- "Tauvel, T-..., commence Maman.
- "T-A-U-V-E-L", coupe Zélie.
3 paires d'yeux ronds se donnent rendez-vous sur la bouille juvénile de Zélie.

C'est notre tour, nous entrons dans le cabinet.
Nous expliquons ce qui nous amène. Zélie lorgne les papiers et bondit :
- "Maman c'est ton nom qui est écrit là sur le dossier !"
- "Où ça ?"
- "Là, c'est écrit Sandrine, regarde !"
Véridique. Zélie l'indiscrète avait lorgné sur un dossier médical, se contentant heureusement de la couverture.

Le matin, petit déj en tête à tête avec Papa. Soudain Zélie se lève, se dirige vers le frigo, manipule les lettres magnets et s'écarte :
- "Regarde ce que j'ai écrit Papa !"
LUTECE TAUVEL.
Comment scier son père en une leçon.

3 exemples parmi une multitude. Et à chaque fois un choc pour les parents que nous sommes. Mais contrairement aux apparences, Zélie ne sait ni lire ni écrire. Elle est simplement l'une des petites adeptes de la méthode globale. Très décriée par une bonne partie de la profession, elle semble pourtant rudement efficace pour les premiers décodages de Zélie.

Pour certains d'entre vous, les années d'apprentissage ont peut-être été synonymes d'années cobayes. Cobayes du "tout global" et de la méthode pour apprendre à lire qui va avec, fondée sur la mémorisation visuelle des mots dans leur entier. Aujourd'hui, cette méthode est décriée, accusée d'avoir engendré une petite armée d'illettrés. Car la pédagogie, ça va ça vient, comme la queue du chien. Tout le monde le sait, c'est même du b.a.ba !
Nous, on a grandi à la "syllabique" qui, comme son nom l'indique, consiste à décomposer les mots en syllabes. On garde un souvenir ému de nos premières lectures, aussi fluides que le trafic automobile parisien.
Oh là là, nous voilà sur un terrain d'experts miné ! Pas facile d'être parents. Faut-il choisir son camp ? "Globale" ou "syllabique" ? "Syllabique " ou "Globale" ?
Paraît que la hache de guerre est enterrée depuis quelque temps entre les rois de l'épelage et les fendus sans partage.
Paraît que nous sommes désormais au milieu du Rubicon, que des armées de pédagogues opposées ont décidé de pactiser en faveur d'une méthode semi-globale en restant les pieds dans l'eau, balle au centre avec une méthode mixte.
Et c'est tant mieux ! Car ce n'est pas un hasard si Zélie commence par des mots chargés d'émotions : Maman, Papa, Zélie, Lutèce... elle cherche à s'approprier par le verbe son entourage immédiat pour mieux le saisir. Elle est motivée pour coder et décoder sans même s'en rendre compte. Si elle sait écrire "Emerys" par exemple, ce n'est pas fortuit. Ces 6 lettres nomment son petit chéri. Elles regorgent de sentiment au global. Chaque matin, quand elle arrive en classe et qu'elle doit déplacer l'étiquette de son prénom de la maison dessinée vers l'école dessinée, la première chose que Zélie cherche est le prénom adoré pour coller le sien tout contre, bien serré.
Bref, pour l'heure, Zélie a choisi son camp. Elle globalise. Mots et sentiments. Entièrement. Passionnément. Le code, ce sera pour la prochaine étape. Nous, bien humbles devant tout ça, on laissera faire les pro et on accompagnera.

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